La potière

Sophie Houdebert

argile sauvage barbotine
Cuisson dans un four à bois
Sophie Houdebert
Bol en terre sigillée réparé avec la technique du kintsugi

Présidente de l’association et formatrice

Potière depuis 1975, formatrice depuis 1990.

Mes spécialités sont le tournage, la terre sigillée et le travail avec les argiles sauvages.

Les cuissons au bois, la construction de fours alternatifs avec du bois de recyclage me permettent de répondre aux critères éthiques, économiques et écologiques.

J’utilise tous les moyens les plus simples et les moins coûteux possibles pour unir la terre et le feu en créant des pièces uniques.

Au fur et à mesure des expérimentations pour retrouver les gestes des potiers de l’antiquité, j’ai tracé un chemin vers la simplicité, le respect de la nature et l’économie de chaque précieux matériau.

Lien vers le site des créations :
https://laterreenfeu-creations.art/

Portrait d’une potière passionnée…

« En 1975, un potier m’a invitée à tourner dans son atelier….
La rencontre fut si forte avec la terre que nous ne sommes plus quittées. Nous avons ensuite eut à rencontrer le feu, à l’apprivoiser et à le connaître pour que les principes s’unissent pour former un tout. Beaucoup de passion, beaucoup d’erreurs, beaucoup d’épreuves, une infinité de joies et de rencontres.
Tout d’abord une formation à une école à Paris de décor céramique, en même temps que l’apprentissage de la chimie des émaux de haute température, l’acquisition d’un tour et d’un four et tout pouvait commencer…

L’origine

La rencontre avec les pièces de Pierre Bayle en 1975 dans une galerie parisienne me toucha si profondément que je sus que je chercherai sans relâche le « secret » des poteries sigillées Gallo-romaines et leur engobe incomparable. Jusqu’à aujourd’hui la recherche n’a pas cessé, d’une terre à l’autre, de décantation en décantation, la terre est devenue onctueuse et d’une finesse incroyable.

L’entraînement sur le tour, jour après jour, année après année a permis d’obtenir des poteries si légères que certaines donnent l’impression d’être une coquille vide et pourtant si pleines de douceur, de légèreté, de finesse, comme une fine pellicule entourant le vide.

Toujours la passion en toile de fond, la recherche, la connexion à l’histoire grâce à un père sculpteur et professeur d’histoire de l’art, et le souhait profond de retrouver l’origine du travail de la terre avec la simplification des techniques.

La rencontre en 1995 avec une potière éthiopienne et toute la dimension de la femme potière, sa simplicité, sa noblesse ont été source de grande inspiration. Et en même temps, un stage sur le Raku a donné toute la force du feu, tout cet inconcevable de la fusion à cœur ouvert…

L’approcher, ne plus en avoir peur, jouer avec lui, simplement, comme une enfant. Et l’union de cette terre, féminine, douce, consentante et du principe masculin du feu, puissant, chaud, réconfortant qui s’enroule autour des poteries est une extase incomparable qui nous laisse sa trace sur l’épiderme de la terre. »